Ce jeudi 1e novembre, au milieu du bouillonnement de créativité et d'innovation du KIKK Festival, j'ai assisté au lancement de Pilote.Media.
Développer l'esprit entrepreneurial chez les étudiants et jeunes diplômés est une approche à laquelle je suis très sensible. Peut-être parce qu'elle était globalement absente lors de mes études. Mais aussi parce que cette approche offre des éléments de réponse face aux changements, aux incertitudes et à la complexité du monde professionnel.
Il y a quelques semaines, alors que j'étais invité à intervenir dans un cours de communication, j'ai encouragé les étudiants à mettre à profit le temps libre dont ils disposent pendant leurs études (qui, contrairement à ce qu'ils peuvent croire, est énorme) pour expérimenter, pour tester, pour bricoler en marge de leur cursus officiel. Pour être curieux, tout simplement, et sortir des chemins balisés en étoffant leurs compétences. Et, aussi, en se confrontant à des projets réels. En plongeant leurs mains dans le cambouis.
C'est ce qui m'avait poussé, pendant mes études, à rejoindre l'équipe de 48FM, une émission étudiante qui, dans l'attente d'obtenir une fréquence spécifique, était diffusée sur les ondes d'une radio liégeoise (ultra) locale. Plutôt que de patienter indéfiniment, nous avons décidé de lancer la radio sur Internet. C'était la première web radio universitaire en streaming (du moins, c'est ce qu'on se disait). C'était en 2003 et, techniquement, ce n'était pas simple, d'autant qu'aucune structure d'aide n'existait réellement pour nous accompagner dans le processus. Nous avons eu, par nécessité (et sans le savoir), une approche super lean et cette expérience a vraiment été formatrice. Avec des effets collatéraux bénéfiques. J'ai notamment appris, avec l'aide non-négligeable d'un ami ingénieur, les bases en PHP afin de bidouiller le CMS du site de la radio (avec cette drôle de coïncidence que la même année, Matt Mullenweg publiait, lui aussi, les premières versions d'un autre petit CMS).
Aujourd'hui, tout est beaucoup facile pour tester son idée. Néanmoins, passer d'un side project sympa à un business (idéalement viable) est encore souvent perçu comme trop risqué. Insurmontable, parfois. Peu légitime, aussi.
Du coup, ce programme Pilote.Media apparaît comme une belle opportunité d'être accompagné par des professionnels et de se confronter à l'exigence, la rigueur et la résilience nécessaires pour développer son projet. Et que cette possibilité soit offerte gratuitement aux jeunes diplômés, freelances et personnes sans emploi est particulièrement géniale (le programme est également ouvert aux salariés avec une inscription de 2.499€ HTVA). Le skill set entrepreneurial qu'ils vont acquérir au cours de ces trois mois leur sera précieux, peu importe le chemin poursuivi au terme du programme.
C'est justement le fait de stimuler l'esprit entrepreneurial qui, à mes yeux, est crucial. Ce discours peut paraître paradoxal de la part d'un fonctionnaire, dont le stéréotype voudrait qu'il soit l'antithèse parfaite de l'entrepreneur. Pourtant, avoir l'esprit entrepreneurial peut permettre d'innover en remettant en question le statu quo, même au sein d'institutions traditionnelles. Il y a énormément d'opportunités à ce niveau. Le cas de Tarmac, nouveau terrain de jeu de la RTBF, a été évoqué lors du lancement de Pilote.Media. C'est vraiment ce qui m'intéresse et que j'essaie, avec beaucoup d'humilité, d'apporter dans mon travail.
Du coup, Pilote.Media semble être taillé pour répondre à un vrai besoin et avec des personnes comme Damien Van Achter, Gilles Bazelaire, Joris Vandendooren, David Valentiny et Coralie Doyen dans le cockpit (pour continuer à filer cette inépuisable métaphore aéronautique), les candidats seront certainement entre de bonnes mains.